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... Si on explique aux débutants
ce que sont l'intention et le souffle, cela est difficile. Mais cela ne signifie
pas qu'on ne puisse pas passer la porte de la pratique. Par exemple, pour exercer
les treize gestes ou un seul mouvement, il faut commencer par l'imagination.
Ainsi, lorsque les deux mains réalisent le mouvement d'appuyer, il faut
imaginer qu'il y a un adversaire devant ; à ce moment, même si
le souffle ne sort pas des paumes, on doit supposer qu'il circule depuis le
Dan-tian, vers les lombes, le dos, les épaules, les bras et les paumes
afin que l'énergie s'exprime et arrive au corps de l'adversaire. Cette
supposition, pour les débutants, est plutôt vague. Mais après
une période d'exercice, on peut l'employer aisément.
... Là où le mouvement est
lent se trouve la chambre vide. Mouvement et lenteur correspondent à
la pratique. Dans le Tai-ji, on dit : quand on détend entièrement
le ventre, le souffle tourbillonne. Le mouvement dans la lenteur détend
complètement le ventre et le souffle peut descendre naturellement dans
le Dan-tian. Aussi ceux qui emploient la force ne peuvent-ils attendre un état
confortable et naturel, ni découvrir les bienfaits du Tai-ji. Extérieurement
ils en ont l'apparence, mais l'intention est absente.
... ...dans la respiration de Tai-ji, élever
et descendre sont réellement le mouvement du souffle prénatal.
C'est pourquoi cela s'accorde avec le secret de la méditation de la fleur
d'or. Par cet effet on peut éviter des maladies et parvenir à
la longévité. Dans son livre « Le vent et le feu »,
Liu Hua- yang (1) a dit : « Inspirer c'est descendre,
expirer c'est élever. Cependant inspirer, pour le souffle postnatal,
correspond à élever pour le souffle prénatal...
... Si on inspire et expire par la bouche
et le nez pour élever et descendre, cela est loin de la respiration prénatale
; la montée et la descente du souffle prénatal sont en accord
avec les mouvements du Tai-ji quan. C'est pourquoi on cherche le calme dans
la pratique, c'est le meilleur moyen pour aider à la méditation.
Celui qui pense que le Tai-ji quan est destiné à la compétition
et qui cherche spécialement à gagner sur les autres ne connaît
pas le secret de cet exercice.
... (1) Liu
Hua- yang est également lauteur du Houei Ming King,
Le livre de la conscience et de la vie. Traité connu sous le nom de Su
Ming Fang, Méthode pour prolonger la vie, qui suit le traité
de Lu Tsou (ou LuYen) : le Tai Yi Kin Houa Tsoung Tchi,
Le Secret de la Fleur dOr (paru à la Librairie de Médicis).
... Il est difficile d'écarter l'agitation
des pensées dans la pratique de l'assise. Mais dans l'exercice du Tai-ji
quan, il est possible de se concentrer sur le mouvement et on oublie naturellement
les autres choses. Quand le cur est calme et le souffle silencieux, on
oublie l'autre et soi-même. C'est un état merveilleux où
le corps éprouve la paix. I1 n'existe pas de mot ou de phrase pour le
décrire. Alors on peut dire qu'on a gouté les trois saveurs du
Tai-ji quan. (Texte de Yang Cheng-Fu, écrits par Chen Weiming)
TAI JI QUAN, L'enseignement de Li Guang-hua,
La tradition de l'école Yang, par Jean Gortais, Le Courrier du Livre,
Paris 1981. ... retour à l'index
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